Besoin d'aide maintenant ? Appelle le 119gratuit, 24h/24, anonyme
Pour les jeunes

Tu es suivi par l'ASE.
Tu n'es pas seul·e.

Cette page a été écrite pour toi — pour que tu comprennes ta situation, que tu connaisses tes droits, et que tu saches vers qui te tourner quand ça va pas.

Peu importe ce que tu vis en ce moment — tu mérites d'être entendu·e, respecté·e et protégé·e. Si tu as des questions, des doutes, ou si tu souffres, cette page est là pour t'aider à comprendre et à agir.

Partie 1

Comprendre ta situation

Pourquoi tu es suivi par l'ASE et comment ça fonctionne.

L'ASE — l'Aide Sociale à l'Enfance — est un service de l'État dont la mission est de protéger les enfants et les jeunes quand leur sécurité ou leur bien-être est en danger dans leur famille.

Si tu es confié à l'ASE, c'est parce qu'un juge ou les services sociaux ont estimé que tu avais besoin d'être protégé. Ce n'est pas de ta faute. Ce n'est pas parce que tu es un mauvais enfant, ni parce que tes parents ne t'aiment pas.

Important : tu as le droit de savoir pourquoi tu es suivi par l'ASE. Tu peux demander à ton éducateur référent de t'expliquer ta situation clairement.

Un foyer (ou MECS — Maison d'Enfants à Caractère Social) est une structure avec plusieurs jeunes et une équipe éducative. Tu y vis avec d'autres enfants ou ados, encadrés par des éducateurs.

Une famille d'accueil est une famille agréée qui t'accueille chez elle. Tu vis avec eux comme dans une famille, avec un suivi de l'ASE.

Dans les deux cas, l'ASE reste responsable de toi et un éducateur référent suit ton parcours.

La durée dépend de ta situation. Le juge des enfants réexamine régulièrement ta situation — en général tous les ans ou tous les deux ans. La mesure peut prendre fin avant si les choses changent dans ta famille.

En principe, l'ASE peut t'accompagner jusqu'à tes 18 ans. Et si tu en as besoin, il existe des dispositifs pour les jeunes majeurs jusqu'à 21 ans — le Contrat Jeune Majeur — pour ne pas te retrouver seul du jour au lendemain.

À savoir : tu peux toi-même demander à être entendu par le juge des enfants pour parler de ta situation et de tes souhaits.
Partie 2

Tes droits

Tu as des droits. Voici les principaux.

Tu as beaucoup plus de droits que tu ne le crois :

  • Le droit d'être informé de ta situation, des décisions prises te concernant
  • Le droit d'être entendu par le juge des enfants — tu peux demander à lui parler directement
  • Le droit de maintenir le lien avec tes parents et ta famille, sauf décision contraire du juge
  • Le droit à un avocat — gratuit si tu n'as pas les moyens
  • Le droit au respect de ta dignité, de ton intimité, de tes affaires personnelles
  • Le droit d'aller à l'école et d'être accompagné dans ta scolarité
Retiens ça : personne n'a le droit de te maltraiter, de te humilier ou de te faire du mal — même dans un foyer ou une famille d'accueil.

C'est une question difficile. Les visites avec tes parents sont souvent décidées par le juge. Mais ton avis compte.

Si tu ne veux pas voir tes parents ou si ces visites te font du mal, tu peux en parler à ton éducateur référent. Il peut relayer ta demande au juge.

Tu peux aussi demander à être entendu directement par le juge des enfants pour lui expliquer ce que tu ressens. Ta parole a de la valeur.

Partie 3

Demander de l'aide

Tu n'as pas à tout garder pour toi. Voici les personnes à qui tu peux parler :

  • Ton éducateur référent ASE — c'est son travail de t'écouter et de t'aider
  • Un enseignant, le médecin ou l'infirmière scolaire — ils sont tenus de signaler les situations dangereuses
  • Le 119 (Allô Enfance en Danger) — gratuit, anonyme, 24h/24. Tu peux appeler même juste pour parler
  • Le Défenseur des droits — si tu penses que tes droits ne sont pas respectés
  • Un avocat — tu as droit à une aide juridictionnelle gratuite
Tu peux aussi écrire directement au juge des enfants qui suit ton dossier. Une lettre, un mot — ta parole compte et le juge doit en tenir compte.
  • 119 — Allô Enfance en Danger. Gratuit, anonyme, 24h/24. Pour signaler une maltraitance ou juste parler.
  • 3114 — Si tu te sens très mal, si tu penses à te faire du mal. Disponible 24h/24.
  • 17 — Police / Gendarmerie. En cas de danger immédiat.
  • 15 — SAMU. Urgence médicale.
  • 3020 — Harcèlement scolaire.

Tous ces numéros sont gratuits depuis un téléphone fixe ou mobile. N'hésite jamais à appeler.

Partie 4

Rentrer chez toi

Vouloir rentrer chez soi est tout à fait légitime. Voici comment le faire valoir :

  • Parle-en à ton éducateur référent — explique tes raisons clairement
  • Demande à être entendu par le juge des enfants — c'est ton droit. Tu peux écrire une lettre directement au tribunal
  • Tes parents peuvent aussi agir — ils peuvent saisir le juge pour demander ton retour
  • Un avocat peut t'aider à déposer une demande officielle
Ne fugue pas. Je sais que c'est tentant quand ça va pas. Mais fuguer peut compliquer ta situation et être utilisé contre toi. La voie légale est plus longue mais plus sûre.
Partie 5

Si tu es maltraité·e

Tu n'as pas à subir de maltraitance — même dans un foyer ou une famille d'accueil. Si tu vis des violences physiques, psychologiques, sexuelles ou une négligence grave, agis :

  • Appelle le 119 — gratuit, anonyme, 24h/24
  • Appelle le 3114 si tu te sens en grande détresse
  • Appelle le 17 en cas de danger immédiat
  • Parle à un enseignant, médecin ou infirmière scolaire
  • Écris au juge des enfants de ton dossier

Chaque signalement est pris au sérieux. Tu as le droit d'être protégé·e, y compris de ceux qui sont censés s'occuper de toi.

Témoignages

Tu n'es pas seul·e

Ces témoignages sont ceux de jeunes qui ont vécu la même chose. Ils partagent pour que tu saches que c'est possible de s'en sortir.

« Au début j'étais très en colère. Je comprenais pas pourquoi on me séparait de ma mère. Avec le temps et grâce à mon éducatrice, j'ai compris que c'était pour me protéger. Aujourd'hui j'ai 19 ans et je suis en BTS. » — Kévin, confié à 11 ans, sorti du dispositif à 18 ans
« Le foyer n'était pas parfait, mais j'y ai rencontré des adultes qui croyaient en moi. Mon référent m'a aidé à demander une audience chez le juge. En six mois, j'étais en famille d'accueil et ça a tout changé. » — Amélie, confiée à 13 ans
« Je savais pas que j'avais autant de droits. Personne me l'avait expliqué. Quand j'ai appelé le 119, ils m'ont vraiment écouté et aidé à changer de foyer. N'hésitez pas à appeler. » — Youssef, confié à 14 ans
« J'avais honte d'être suivi par l'ASE. J'en parlais à personne à l'école. Mais ça m'a sauvé la vie, littéralement. Aujourd'hui je veux devenir travailleur social pour aider d'autres jeunes comme moi. » — Sarah, ancienne jeune suivie par l'ASE

Les prénoms ont été modifiés pour préserver l'anonymat.

Les numéros qui peuvent t'aider
Gratuits depuis n'importe quel téléphone, disponibles 24h/24
119
Allô Enfance en Danger
Écoute & signalement
3114
Prévention du suicide
Si tu vas très mal
17
Police / Gendarmerie
Danger immédiat
15
SAMU
Urgence médicale

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Tu peux écrire à LENUX.

LENUX a vécu ce que tu vis. Elle répond personnellement à chaque message. Sans jugement.

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